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28 mai – Journée d’entraînement / Trainingstag

Malgré une météo moyenne, je décide de monter le planeur assez rapidement. Même si la météo ne permet pas de tenir, je suis décidé à faire un vol pour un peu voir la région avant le grand jour. Il faut aussi savoir que la région de Kägiswil est très bien entouré par les militaires : Alpnach, Buochs, Emmen… Tous ont leurs zones contrôlées. La direction de concours, sans trop y croire veut nous envoyer en direction du Jaunpass, puis en direction d’Altdorf, et enfin le Righi.

En début d’après midi, je suis le 2ème pilote à partir. Alors que j’arrive à la fin de mon remorquage, le premier élancé est à nouveau presque au sol. Il s’agit d’un membre de l’équipe junior suisse de vol à voile. Je me dis que c’est pas gagné, mais je trouve qques thermiques, pas bien fort, mais je dois déjà bientôt m’inquièter à ne pas empièter sur la zone d’Emmen. Poussé par peut-être un peu trop d’enthousiasme, j’essaie de longer la crète direction Meiringen, mais sans succès, et je me retrouve bientôt sous les crètes. S’en suit une longue bataille pour remonter, mais je finis par devoir me poser, après 1h 22 de vol. Distance : 9km… Mais la plupart n’ont pas franchi la ligne de départ, si bien que je m’en sors pas mal. Du reste, ça ne compte pas pour le concours proprement dit.

29 mai 2009

Aujourd’hui les choses sérieuses commencent. Le parcours prévu est le même que pour la journée d’entraînement. Les zones de virages sont 30km autour du Jaunpass, et 10km autour d’Eggberg (Uri). Le rigi doit quant à lui être survolé a 500m de distance. Avant le départ, on se retrouve tous dans le même thermique dans la zone d’attente. 24 planeurs dans un si petit espace, c’est un sacré spectacle. Ca fait un peu penser aux dogfights décrits dans « Le Grand Cirque » de Pierre Clostermann. Puis, enfin, après avoir passé plus d’une heure dans la zone d’attente, le départ est donné. Ca commence fort, la crête jusqu’au Soerenberg porte bien. Ensuite, ça se gâte un peu et je me retrouve bas vers Interlaken. C’est une immense bataille jusqu’au Niesen, ou je fais demi-tour, car suffisamment près du Jaunpass. Il s’agit de pas perdre trop de temps avant de repartir Eggberg. Je me traîne à nouveau bas jusqu’à Interlaken, ou je trouve finalement un thermique qui me monte a 2400m. Yanick, un allemand volant en Cirrus n’arrive lui pas à crocher mon ascendance et va se poser a Interlaken. Plus tard, j’irai le chercher avec la voiture, un remorquage depuis Interlaken n’étant pas possible (Aéroport fermé). A partir d’Interlaken, les choses se passent plutôt bien pour moi. A part un point un peu bas au Soerenberg, je ne suis plus vraiment inquiété pendant le reste du vol. Je survole Grafenort, le village d’origine de ma Grand-maman, puis direction Seelisberg, puis Righi. A partir de la, on peut théoriquement foncer, mais je préfère avancer prudement jusqu’à la terre ferme. Ensuite c’est l’approche finale très rapide et très basse. C’est très drôle, et ça permet de liquider l’altitude en trop de façon plus rentable qu’en sortant les freins.

Au final, je me classe 11ème de la journée. Je suis très content de moi, vu les conditions pas très faciles, et vu le nombre de pilotes n’ayant pas fait le tour du circuit. Le dépannage a Interlaken est aussi très intéressant, car pour un externe il n’est pas facile de trouver un accès sur la piste, et les locaux t’envoient au Mystery Park. C’est presque ça... mais depuis le mystery park, impossible de rejoindre la piste, même en déplaçant moultes pots de fleurs et en essayant d’abaisser les grillages.

30 mai

La journée d’aujourd’hui commence pas trop bien. C’est vrai qu’ici, il faut grand soleil, mais on voit poindre au loin au sud une couverture nuageuse peu avenante. Malgré ça, la direction de concours veut nous envoyer d’abord au Niederhorn (près de Thoune, au sud donc), puis en Autriche a Arlberg, avant de refaire le dernier virage au Righi. Une distance de 380km, et des zones de 500m de rayon. Les pilotes ne cachent pas leur sceptiscisme, et malgré la couverture nuageuse qui s’approche, la direction de concours envoie les premiers pilotes. Les pauvres bataillent dur pour se maintenir, et après le 5ème en l’air, on fait une pause dans les remorquages, histoire de ne pas compromettre leurs chances de tenir, et en attendant des thermiques meilleurs. Après en tout cas 30 minutes de pause, les décollages reprennent, mais cette fois la tâche est modifiée. Un rayon de 30 km est fixé autour du Niederhorn, et 65km autour d’Arlberg. On respire ! On part au sud juste le minimum pour faire le point de virage, et après c’est départ au Nord, loin des nuages. Je suis avec tout un groupe le vainqueur de hier, qui va droit sur Lucerne. Bien m’en prit, car tout ceux qui ont tenté de quitter la vallée par un autre chemin se sont fait couler. Les bases sont pas très hautes, et j’ai de la peine à prendre les thermiques. Et quand par chance j’arrive à monter assez haut, j’arrive à détruire mon altitude si durement gagnée en prenant des mauvaises routes ! C’est rageant, mais de fil en aiguille j’arrive à m’avancer jusqu’à Bad Ragaz. Il est déjà presque 17h quand j’y arrive, et il faut penser au retour. Je le gère un peu mieux que l’aller, mais les thermiques faiblissent, même si de temps a autre il y en a un qui reste très vigoureux. Quand j’arrive à Kaegiswil, presque tout le monde est déjà au sol, seuls 2 seront plus lents que moi. L’un, qui a pris son départ 1h après les autres se pose a 19h53, soit a peu près 2h après moi. Mais peu importe, je ne suis pas la pour gagner, et je suis super content d’avoir fait le tour. Le vol était aussi très beau, et m’a permis de découvrir des nouvelles régions de la suisse.

Je finis au 16e rang journalier, ce qui me fait perdre une place au classement général. Je suis ainsi bien au milieu du classement. Je suis très satisfait de ce résultat intermédiaire, pour dire que c’est mon premier championnat de VV.

31 mai 2009

Aujourd’hui l’épreuve prévue est exigeante, puisqu’il s’agit de traverser le plateau pour aller tourner au-dessus de Balsthal, puis longer la chaîne du Jura jusqu’au Chasseral, retraverser le plateau et aller au Niederhorn (près de Thun) et revenir a Kaegiswil. Cependant, une forte bise rend la traversée du plateau irréaliste, et une 2ème épreuve est fixée. On garde le premier point de virage a Balsthal, mais avec un rayon de 40km, puis il s’agit d’aller tourner au Weggitalersee, avec une zone de 10km (Préalpes au sud du lac de Zürich) et revenir a Kaegiswil. L’épreuve paraît plus réaliste, mais les bases sont simplement trop basses au-dessus de la zone d’attente. Il serait criminel d’envoyer 24 planeurs dans un volume si petit, et il n’est guère envisageable de choisir un autre point d’attente, car il serait trop loin de l’aérodrome. Pas de chance, on range les planeurs sans avoir volé. Quelques pilotes décident de voler quand même, mais ils rencontrent des conditions difficiles, les thermiques étant hachés par la bise.

01 Juin 2009

Dernière journée possible pour l’épreuve, la bise souffle toujours fort. Les alpes sont cependant impraticables, alors que le plateau et le jura sont plutôt corrects. On reçoit la même épreuve que hier (Balsthal et Weggitalersee), mais les zones cette fois sont des cylindres de 500m de diamètre. Les conditions sont plutôt bonnes au départ, mais se dégradent progressivement au fur et à mesure que les planeurs sont envoyés dans la zone d’attente. Dès l’ouverture de la ligne de départ, tout le monde se jette en direction du premier point de virage, via le massif du Napf. Mon pégase sans ballast (des problèmes d’étanchéité ont été constatés lors de la dernière épreuve) peine à avancer, et je me fais dépasser par tout le pulk. C’est pas bien grave, ils me montreront les ascendances ! A part un petit thermique dans le Napf, toute la traversée se fait en finesse max jusqu’à Langenthal. Là-bas, quelques ascendances nous permettent de regagner de l’altitude, mais ce n’est pas évident de monter. Le point de virage Balsthal n’est pas très accueillant. Il faut se battre contre le vent, et les cumulus sont en train de surdévelopper. A ça s’ajoute une pluie fine, qui n’aide pas à améliorer les performances du planeur. Arrivé a Balsthal, la seule option est de faire demi-tour sur Langenthal. La crête en direction d’Olten ne donne rien, et la ligne directe pour le point de virage est coupé par une pluie battante. J’arrive (très) bas sur Langenthal et il me reste plus d’autre choix que d’atterrir. Je ne suis pas seule, on se retrouve une bonne dizaine a Langenthal ! 4-5 pilotes finissent au prochain aérodrome, Triengen, 2 dans un champ, et le reste a Wangen-Lachen. Aucun pilote n’atteint donc le 2ème point de virage. Je ramène le planeur a Kaegiswil en vol a l’aide d’un remorquage.

Conclusion

Ce concours a été pour moi très riche en enseignements. J’ai découvert de nouvelles régions en vol, dans un relief quand même un peu plus marqué que le jura. De plus, l’ambiance au concours était excellente. Ca donne vraiment envie d’y retourner. Il était aussi intéressant de noter que si le pégase est quelque peu en retrait au niveau performances par rapport à la moyenne des planeurs présents, il est loin d’être ridicule. Mes moyennes de vitesse relativement basses sont plus à mettre sur le compte de mon style de vol que sur le planeur lui-même. Je pense qu’une moyenne de 75-80 km/h en pégase sont réaliste, alors que moi je volais autour de 65 km/h. Ce qui me permet de finir à la 13ème place du classement, c’est d’avoir fini les 2 premières épreuves, et d’avoir parcouru la même distance qu’une grande partie des pilotes à la 3ème épreuve. Voler vite ne paye pas si on finit avec un atterrissage externe !

Les vols de ce concours peuvent être visualisés sur le site suivant http://www.onlinecontest.org/olc-2.0/gliding/flightbook.html?sp=2009&st=olc&rt=olc&pi=34295

Les photos que j’ai prises en vol (et au sol aussi) : http://rapidshare.com/files/239915434/JSM-Kaegiswil.zip.html